Publié dans Editorial

Secteur en panne !

Publié le mardi, 04 novembre 2025

En mauvaise posture, le secteur éducatif malagasy va de mal en pis. Tel un navire en panne, en Haute mer, le moteur bloqué, l’équipage perd le contrôle. Le bâtiment tangue de gauche à droite. A la dérive, il risque le naufrage.

A l’époque coloniale, l’instruction publique représentait l’un des principaux points d’achoppement du pouvoir en place. A l’aube de l’occupation, le Général Gallieni, premier gouverneur général de Madagasikara, se heurtait à une difficulté majeure : déterminer quel type d’instruction ou quel modèle d’enseignement, devrait être appliqué dans la colonie (Madagasikara) ?  Un enseignement élitiste, de haut niveau, ou un enseignement élémentaire, rudimentaire ? Et encore « quelle langue d’enseignement adoptée ? » Deux grandes orientations ont été primées par le Général gouverneur : dispenser un enseignement pour un cursus éducatif de haut niveau pour les enfants des colons. D’où la création des lycées à Antananarivo, le lycée Gallieni (1908) et le lycée Jules Ferry (1918). Et un enseignement de base ou élémentaire, primaire jusqu’au niveau secondaire niveau I, jusqu’en 4e maximum sanctionné par un diplôme de CESD (Certificat d’études du second degré) destiné aux élèves des indigènes. La politique de l’enseignement colonial ne vise pas à former des élites locales qui, à terme, seraient tentées de remettre en cause la colonisation. Les indigènes devaient rester au niveau rudimentaire, tout juste pour être des agents administratifs au service du pouvoir colonial. Le français devient la langue d’enseignement  obligatoire en se démarquant de l’anglais, utilisée à l’époque royale. Ce détour un peu fastidieux a été rendu nécessaire pour nous faire saisir la délicatesse du secteur éducatif, son aspect stratégique pour le pouvoir en place.

Depuis l’ère de l’indépendance, le secteur éducatif fut et demeure un instrument politique entre les mains des détenteurs du pouvoir. En même temps, un grand secteur qui tord le cou des dirigeants politiques du Gouvernement pour deux raisons majeures. D’abord, le secteur éducatif est le département le plus budgétivore. Il engouffre une grosse partie de la caisse publique du fait que la population de ce secteur, les jeunes de moins de 15 ans, augmente à une vitesse supersonique à tel point que le budget de l’Etat ne parvient plus à satisfaire les besoins sans cesse croissants. D’ailleurs, aucun pays en développement ne pourra pas prétendre arriver à bout des matériels (financiers) nécessaires. Les besoins humains (recrutement d’enseignants) et en matériels (construction d’infrastructures scolaires, tables- bancs, etc.) dont les nombres croissent d’une année à l’autre. Secundo, en dépit de ce budget pharaonique, le secteur éducatif attend plusieurs années pour devenir productif. Il engouffre de l’argent sans pouvoir le … rembourser dans l’immédiat ou à moyen terme !

D’autres problèmes viennent s’ajouter pour compliquer la gestion de ce secteur trop délicat, à savoir la politisation abusive et la corruption généralisée. La tentation de politiser le secteur éducatif ne date pas d’aujourd’hui ni d’hier. Le nombre sans cesse croissant des personnels enseignants et des agents de l’Etat constitue un vivier toujours en croissance en termes de nombre de clientèle politique sinon électorale. Et aussi, le recrutement d’enseignants qui augmente tous les ans ouvre la voie à la corruption.

En somme, aucun régime n’a pu avoir le contrôle entre les mains de ce secteur insaisissable dit éducatif. Un secteur éternellement en panne.

Ndrianaivo

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Editorial

  • Opération délicate
    Le faux et l’usage de faux envahissent l’Administration, grand « A » s’il vous plaît, à savoir le domaine général qui englobe tous les secteurs d’activités de l’Etat ou de la République. Faux et usages de faux, du jargon populaire « fosika », faux diplômes ou certificats de fin d’étude gangrènent presque tous les Corps de métier de l’Administration entre autres les départements clés comme l’Enseignement supérieur, l’Education nationale, la Justice, la Régie financière, les Forces de défense et de la sécurité (FDS), etc. Les concours d’entrée dans l’administration publique sont infestés de faux dossiers. Des diplômes de Baccalauréat, de Licence, de Master I ou II se trouvent les plus menacés. Il y a eu même certains de faux diplômes de Doctorat !

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